Notre proposition de réseau antifasciste villeurbannais


POUR UNE SOLIDARITÉ ANTIFASCISTE VILLEURBANNAISE

Avec l’arrivée au pouvoir de Trump en novembre 2024 à la tête de la première puissance colonialiste et capitaliste, les forces d’extrême-droite (ED) se sont mondialement renforcées pour constituer une internationale réactionnaire aux côtés d’Israël, de l’Argentine, de l’Italie, de la Hongrie et de bien d’autres régimes autoritaires encore.

En France aussi, depuis la dissolution de l’Assemblée Nationale en juin 2024 et la confiscation des élections législatives par la macronie, l’extrême-droite progresse dans tous les domaines, des plateaux télé tenus par Bolloré aux attaques armées de groupuscules néonazis en passant par une banalisation des propos racistes, sexistes et lgbtqia+phobes.

Dans ce contexte, Villeurbanne n’est pas en reste. Certes, l’ED n’y est pas omniprésente. Elle n’y dispose pas de locaux pour s’organiser, ni de salle de sport pour préparer ses ratonnades. Mais on ne peut réduire le problème de l’ED à sa seule présence militante dans nos quartiers.
Non seulement, d’un point de vue électoral, celle-ci ne cesse de progresser (à Villeurbanne, le RN obtient 19% des voix aux législatives, et presque 17% aux européennes de juin 2024), mais la diffusion de ses discours haineux et de ses idées nauséabondes trouvent des relais matériels, symboliques et institutionnels à chaque coin de nos rues. Car la montée de l’extrême droite renforce ce qui existe déjà : les contrôles d’identité pour traquer les sans-papiers, les expulsions locatives pour interdire aux plus précaires de se loger, l’inflation galopante pour garantir aux capitalistes des profits élevés. Il n’y a pas d’extrême droite sans agressions racistes, qu’elles soient fondées sur des motifs raciaux ou religieux, sans contrôle social exercé par France Travail, sans humiliation ordinaire à l’entrée des magasins et aux guichets des administrations, sans violences sexistes et sexuelles dans chaque sphère de nos vies, sans banalisation des agressions transphobes. La montée de l’ED est le résultat d’années d’autoritarisme libéral et de destruction systématique de nos droits pourtant acquis de hautes luttes par le passé (Loi Travail, Sécurité Globale, réforme des retraites, loi Asile et Immigration…).

Le fascisme ne sort jamais de nulle part : il grandit à partir des structures économiques et institutionnelles déjà existantes qui exercent leur lot quotidien de discriminations et de violence sur nos salaires, nos conditions de logement ou notre accès aux soins. Le meilleur moyen de lutter contre, c’est donc de s’attaquer aux inégalités ordinaires, celles qui commencent en bas de chez soi, dans nos lieux de vie et de travail. Nous ne faisons pas pour autant preuve de naïveté ; saper les conditions de possibilité du fascisme est un travail de longue haleine qui ne peut se limiter à l’échelle de nos quartiers. Mais c’est là que nous vivons, et il faut bien commencer quelque part.

Alors, que faire ? À ce stade de développement des forces réactionnaires, nous sommes nombreux.ses à sentir l’urgence de nous organiser dès à présent. C’est pourquoi nous proposons un espace d’auto-organisation, à l’échelle de Villeurbanne, à travers la création de multiples liens de solidarité et d’alliances pour élaborer une riposte à la hauteur de la situation. Parallèlement à l’agenda électoral, la lutte contre l’ED ne peut plus se contenter d’indignation morale, mais doit se construire à partir de nos initiatives concrètes.

Nous aimerions que la signature commune de ce texte soit une première étape symbolique vers la création d’un réseau antifasciste villeurbannais qui, au-delà de partager des valeurs de solidarité et d’antiracisme, soit en mesure de porter des actions, des discours et des événements contre la progression de l’ED.

Enfin, les signataires de ce texte s’engagent dès à présent à mettre tout en œuvre pour ne permettre aucun meeting ou apparition publique de l’extrême-droite à Villeurbanne. La séance de dédicace de Zemmour au CCVA en 2023 ne doit en aucun cas se répéter.

CONTRE TOUTES LES DISCRIMINATIONS ET POUR UNE SOLIDARITÉ LOCALE, À VILLEURBANNE COMME AILLEURS, L’EXTRÊME-DROITE NE PASSERA PAS !