Banquet le dimanche 5 avril 2026 sur la place Grand Clément
Pourquoi un banquet sur la question du logement ?
Nous nous sommes réuni.es pour ce banquet sur la place Grand Clément dans l’objectif participer et soutenir la lutte pour le droit à un logement digne. La date du banquet a été choisie car elle marque la fin de la trêve hivernale. L’hiver
peine terminé, les institutions, la préfecture, la métropole peuvent se déculpabiliser et mettre les gens à la rue et les expulser de leurs logements.
En 2025 ( un record) 30 500 ménages ont été contraints de quitter leur logement. Et ceci va s’aggraver, le gouvernement assumant de durcir encore les procédures de mise à la rue.
C’est dans ce contexte, que plusieurs associations et collectifs organisent des
rassemblements et nous nous inscrivons dans cette mobilisation. Militant.es de la Riposte Villeurbanne, nous avons souhaité organiser un banquet populaire, sur la place publique afin de visibiliser la question du droit au logement pour toutes et tous ainsi que les collectifs qui luttent et se mobilisent chaque jour.
Quels liens entre le logement et l’antifascisme ?
Au niveau national, nous pouvons faire plusieurs constats plus qu’alarmants et allant à l’encontre d’une vision antifasciste et de la solidarité envers toutes et tous :
➢ La discrimination sur l’accès au logement est entretenue par les agences immobilières. Un testing fait par SOS racisme en 2025 a montré que 50% d’entre elles favorisaient une discrimination basée sur un critère racial
➢ La hausse des loyers ne s’arrête pas, d’une part, et d’autre part, la baisse des allocations logement rendent l’accès au logement toujours plus difficile, sans parler des demandes de garanties auxquelles il devient impossible de répondre du fait de la précarisation du travail
➢ Les expulsions n’ont jamais été aussi présentes, facilitées par la mise en place d’un arsenal réglementaire et répressif toujours plus impitoyable, notamment avec la loi Kasbarian qui permet les expulsions des squats sans procédure et celle des locataires pour des impayés et qui pousse des milliers de personnes à la rue.
A Villeurbanne:
➢7 066 logements vacants. Le nombre de logements vacants a augmenté de 9 % en 5 ans. Mais cela n’empêche pas la Mairie et la Préfecture d’expulser des personnes qui se mettent à l’abri dans des bâtiments vides. La vacance des logements est en hausse à Villeurbanne, comme partout en France.
➢ Cette logique est renforcée par la multipropriété où la richesse est concentrée entre les mains de quelques grands bourgeois : en effet 50% du parc locatif appartient à 3,5% des ménages
Les positions de l’extrême droite
Une lecture antifasciste des problématiques concernant le logement nous montre que le RN privilégie systématiquement les blancs et les bourgeois au détriment des classes populaires et des personnes racisées. II nous semble important de souligner comment l’idéologie raciste de la préférence nationale peut concrètement s’appliquer au politique de logement. Cela révèle comment certaines mesures peuvent impacter assez vite et concrètement toute une population racisée, minorisée et précaire.
Petite liste (non exhaustive) des positions du RN sur le logement
▪ Le RN est contre le gel des loyers, comprendre laisser faire et même
favoriser la logique capitaliste néolibérale du marché du logement avec
l’augmentation des loyers
▪ Le RN est pour la priorité nationale des HLM et veut conditionner les aides
au logement à 5 ans de travail en France, comprendre réserver l’accès au
logement sociaux pour les ménages français
▪ Le RN veut l’abrogation de l’interdiction de location des logements dont le
diagnostic de performance énergétique est classé G et F : comprendre
laisser vivre les gens dans des « passoires thermiques » pour qu’ils cuisent
l’été et se gèlent l’hiver ou dépensent des fortunes en énergie.
La préférence nationale est déjà concrètement appliquée de nos jours car il n’y a pas de sans-papiers dans l’hébergement d’urgence, mais avec les mesures du RN la situation sera encore pire.
Le logement pour tous et toutes n’est pas une revendication prise à la légère : avoir un toit à soi c’est un lieu où se ressourcer, se reposer, se réfugier, se laver, se nourrir, abriter ses proches. Un lieu qui réponde aux besoins essentiels pour vivre, tout simplement. C’est également un lieu où réfléchir, critiquer, qui permet de se projeter et
d’imaginer d’autres mondes, des mondes sans fascisme, sans racisme et hors des logiques capitalistes et de rentabilité !
Continuons donc à nous mobiliser, à soutenir les collectifs, associations et personnes qui luttent dignement, et maintenons un rapport de force et une solidarité qui permettent d’imposer des avancées et des nouveaux droits pour les personnes à la rue,
pour celles menacées d’expulsions, et celles discriminées dans l’accès à un logement ou vivant dans des conditions indignes.
N’attendons rien et agissons !
Un toit c’est un droit !

